Les premiers froids arrivent

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Butte de la serre vue du dessous du terrain

Margaret (la vieille dame de fer) a donc revêtu son plus beau plastique pour les premiers frimas. Située en fond de vallée, sous un lac, au-dessus d’une nappe phréatique et en bordure de rivière (l’Ozon), la pépinière est en micro-climat bien frais, les gelées nocturnes sont fréquentes.

Le terrassement avant de mettre la toile tissée

Le terrassement avant de mettre la toile tissée

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Terrassement avec la toile hors-sol

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La butte de la serre vue de l’intérieur

Le côté gauche de la serre a été terrassé et couvert d’une toile hors-sol : ce sera l’endroit de stockage des plantes en pot et des outils, ainsi qu’un petit endroit réservé au rempotage (pour l’instant, c’est une vieille baignoire pour bébé qui est utilisée). Utiliser autant de plastique ne me réjouit pas, mais je n’ai pas trouvé d’alternative pour le moment. Je n’utilise pas de plastique biodégradable car une toile hors-sol est plus durable, et surtout je redoute les résidus laissés par le plastique biodégradable dans le sol au fil du temps.

Culture des futurs pieds mère en butte sous la serre

Culture des futurs pieds mère en butte sous la serre

Le côté droit sera destiné à la culture des pieds mère qui ont besoin d’un sol bien drainé. Il me semble que le drainage et l’aération (qui sont fortement liés) du sol sont les points à ne pas négliger pour passer l’hiver dans de bonnes conditions, surtout pour des plantes très sensibles à l’asphyxie racinaire comme les framboisiers.

C’est pour cela que les pieds-mère de la serre sera aménagée sous forme de buttes légèrement surélevées (d’autres essais seront aussi faits sous forme de planches permanentes).

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Essai de culture de champignons (pleurotes et shiitakés)

En chantier participatif, nous avons également fait des essais de culture de champignons (pleurotes et shiitakés) en vissant des tourillons inoculés dans des bûches de saule (seule essence disponible pour le moment).

Ces bûches sont couvertes d’une bâche pour éviter la lumière directe et des variations hygrométriques trop importantes. Elles seront sûrement transférées en bas du terrain, sous les arbres vers le ruisseau.

 

Le terrain est parsemé de petits aulnes glutineux (certains font tout de même 2m). Cette espèce a des caractères bio-indicateurs forts : il vit en milieu très humide, voire détrempé et peut indiquer la présence d’hydromorphisme.

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Aulne glutineux entouré de cassis

L’aulne glutineux présente de nombreuses fonctions qui peuvent nous intéresser en permaculture :

  • pollinifère: sa floraison précoce (février-avril) représente une source de pollen très utile pour apporter de la nourriture protéinée aux abeilles et les fortifier en sortant de l’hiver. On peut donc le qualifier de mellifère même s’il ne produit pas de nectar.
  • fixateur d’azote :Il établit une symbiose avec des bactéries du genre Frankia qui lui permettent de transformer l’azote atmosphérique en azote minéral assimilable par les plantes. Ces bactéries se trouvent au niveau des nodosités de ses racines.
  • stabilisation du sol humide et lutte contre l’érosion : aimant les terres très humides, l’aulne contribue très souvent à stabiliser les cours d’eau grâce à son important système racinaire.
  • espèce pionnière : il a une croissance rapide et sa capacité de fixer l’azote dans le sol lui permet de préparer le terrain pour les prochaines plantes. Fortement hygrophile, il colonise les terrains humides et s’accommode très bien des sols pauvres.
  • bois intéressant : il est imputrescible quand il est immergé dans l’eau (qualité qu’il perd à l’air libre) et est un bon bois de chauffage, en brûlant vite et à haute température (apprécié des boulangers).

En suivant la base de données Sophy, j’essaie de recréer le phytotype des aulnes glutineux avec des plantes cultivées, en commençant par les cassis (et casseilles). Ce premier essai vient d’une discussion avec Gérard Ducerf (auteur génial des ouvrages sur les plantes bio-indicatrices) qui m’a appris que les aulnes glutineux (Alnus glutinosa) et cassis (Ribes nigrum) émettent des exsudats racinaires bénéfiques mutuellement.

Cette « guild » comme disent les anglophones pourra ensuite être enrichie avec d’autres espèces comme peut-être de la valériane, de l’oseille sanguine, de la reine des prés, des ronces…

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La serre est un tunnel froid (non chauffé) dont le plastique est fixé par une tranchée. Pour la refermer, il faut rabattre la terre en bloquant le film plastique.

Partant du constat que cette zone de terre reçoit un gros volume d’eau (puisque la moitié de la surface de la serre y atterrit), et que la terre surélevée pourrait sûrement bénéficier d’un meilleur drainage, nous en avons profité pour faire une butte qui longe la serre (côté est).

Elle n’est pas encore terminée mais devrait l’être au printemps.

Elle est palissée avec de l’aulne glutineux et du robinier faux-acacia (qui ont des propriétés très différentes, on verra ce que ça donne dans le temps) prélevés sur place.

 

Et pour finir, voici une photo de Charlie en train de jouer avec un marcassin très sociable (un peu trop) qui jouait comme un chiot

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Un commentaire pour “Les premiers froids arrivent
  1. rémy dit :

    génial je reviendrais

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