Le sol, ignoré et pourtant essentiel

Toute notre vie dépend du sol, et nous prenons bien peu soin de cet organisme vivant.

Mathieu Vidard reçoit Claire Chenu, professeur de science du sol à AgroPariTech, Ambassadrice spéciale de la FAO pour l’Année Internationale des sols, Claude Grison, chimiste, spécialiste de chimie bio inspirée et Directrice du Laboratoire de Chimie bio-inspirée et d’Innovations écologiques ChimEco, et Solène Demonet, coordinatrice du projet pour la protection des sols pour France Nature Environnement.

En permaculture, nous avons coutume de prendre soin du sol avant tout, en partant du principe qu’un sol en bonne santé donne des plantes en bonne santé.

Epiderme vivant de notre planète, le sol mesure de quelques cm à plusieurs mètres, assure notre sécurité alimentaire et ne bénéficie d’aucune protection juridique, contrairement à l’eau et à l’air par exemple.

Il est urgent de protéger cette ressource menacée et de définir des critères de leur qualité (notamment pour les sols arables : porosité, profondeur de sol, teneur en argile (et limons, sable), teneur en micro-organismes, etc.  Les vers de terre indiquent une bonne quantité de vie dans le sol et améliorent le taux de pénétration de l’eau.

27 m² de sol disparaissent par seconde en France à cause de l’urbanisation. (…) Dans le monde, c’est l’érosion le premier danger pour les sols, mais en France c’est l’artificialisation des sols. L’agriculture et syviculture mène à l’apauvrissemnet des sols

Dans les friches industrielles et anciens sites miniers, de nombreux tests de réhabilitation sont mis en place en favorisant l’installation de plantes pionnières locales tolérantes aux conditions locales (sols pauvres en nutriments, très riches en métaux lourds). Leur système racinaire limite le transport des substances toxiques vers les rivières. Certaines de ces plantes ont même la capacité de stocker les métaux lourd dans leur biomasse (on appelle cela la phyto-extraction).

Ainsi Anthyllis vulneraria tolère un très grand pourcentage de zinc (elle arrive à en stocker jusqu’à 10%) et c’est également une légumineuse qui fixe l’azote dans le sol. D’autres exemples d’hyperaccumulateurs de manganèse, fer, plomb, nikel sont présentés dans la vidéo ci-dessous, ainsi que des plantes aquatiques pour les effluents toxiques.

Se pose bien sûr la question du traitement de la biomasse générée par les réhabilitations écologiques. C’est là que les recherches de Claude Grison développe un outil très prometteur, un catalyseur qui permet d’extraire ce zinc et transforme déchet en ressource (Ecocatalyse). Le déchet devient une opportunité économique !

Si vous souhaitez soutenir les actions de People 4 Soil, vous pouvez vous rendre sur leur site. Le sol est une ressource essentielle, limitée, non renouvelable et irremplaçable: le bien être actuel et futur des générations, dépend de la santé des sols. People 4 Soil est un réseau libre et ouvert d’ONG européennes, d’instituts de recherche, d’associations d’agriculteurs et de groupes environnementaux qui veulent que l’Europe reconnaisse le sol comme étant un bien essentiel pour notre vie.

Vous pouvez aussi visionner la conférence de Claude Grison sur la chimie verte au service de la dépollution à l’occasion de la remise de son prix François Sommer Homme Nature 2016 :

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