La mycorhize au secours du phosphore

Dans cette vidéo, le professeur et chercheur québécois Dr. Mohamed Hijri nous présente 2 enjeux majeurs pour l’avenir du phosphore :

  • d’une part, le phosphore est très mal assimilé par les plantes (souvent indisponible dans le sol) et une grande partie utilisée en agriculture est inutilisée. Il n’est pas rare que 85 % du phosphore épandu dans les champs soit perdu, seulement 15% parvenant à être assimilé par les plantes. Cela crée des problèmes de pollution (polluant les sols puis l’eau), un coût direct (on a besoin de plus de phosphore dont les cours fluctuent) et un coût indirect engendré par la pollution.
  • d’autre part, nous arrivons à un « pic du phosphore » : tout comme le pétrole, cette ressource fossile s’épuise, et nous devons craindre une pénurie dès 2030 alors que la production alimentaire (et les besoins en phosphore avec) doit augmenter pour nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse.

Le phosphore est un élément chimique central pour la production agricole, mais aussi et surtout indispensable pour toute forme de vie (végétaux, animaux, champignons…). Il joue un rôle clé dans la croissance des cellules des organismes.
A t-on suffisamment de phosphore pour nourrir les générations futures ?

 Le phosphore est un constituant principal de l’ADN.[..]
C’est notre patrimoine, extrêmement important.Dr. Mohamed Hijri

Les engrais minéraux à partir de phosphates proviennent de mines de phosphore (minerai de phosphate) accumulé au fil du temps suite à la fossilisation d’animaux. Ces mines connaissent une exploitation de plus en plus rapide faisant craindre une pénurie à venir, et créant une augmentation des prix pour les agriculteurs.

Le problème du phosphore, c’est qu’il est souvent bloqué dans le sol et donc présent mais sous une forme non disponible pour les plantes dans les sols à pH alcalins (>7,0) ou acides (<6,4)

 

La solution : rendre le phosphore assimilable

C’est ici que les mycorhizes entrent en action. Elles permettent de rendre le phosphore bio-disponible : Mohamed Hijri  propose d’utiliser le mycélium de champignons qui vont vivre en symbiose avec les racines des plantes.

En prolongeant l’efficacité de la racine pour aller chercher le phosphore, plus de 90% du phosphore présent dans le sol va être assimilé par les plantes (au lieu de seulement 15%). Ce procédé naturel n’a rien de nouveau, la mycorhization permet existe depuis 450 millions d’années.

La question est donc davantage de trouver une solution pour rendre le phosphore assimilable dans le sol que d’en trouver davantage.

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