Francis Hallé : arbres, permaculture et canopée

Francis Hallé est un grand botaniste spécialisé dans les forêts équatoriales et la canopée.

 

Damien Dekarz de l’association La Graine Indocile nous livre ici une interview de ce grand monsieur, à l’occasion de la sortie de son livre 30 ans d’exploration des canopées forestières tropicales, éditions Museo.

 

Il y a plus de fourmis sur un seul arbre en Amazonie péruvienne que dans toute l’Angleterre. Francis Hallé

Francis Hallé est aussi l’inventeur du Radeau des Cimes permettant d’observer la cime des arbres de la forêt primaire par le haut, à l’aide d’une plateforme légère de 300 ou 600 m². Cette structure hexagonale est déposée au-dessus des arbres à l’aide d’un dirigeable et sert à la fois de laboratoire et de lieu de vie pour les scientifiques. Grâce à lui, de nombreuses espèces végétales et animales ont pu être découvertes dans la canopée.

La canopée en forêt équatoriale est la zone la plus riche en biodiversité.

Un exemple de co-évolution : la passiflore et le papillon

Pour montrer que l’évolution est beaucoup plus lente en pays tempéré qu’en pays chaud et humide, Francis Hallé prend l’exemple d’un partenariat entre une passiflore et un papillon (heliconius).

C’est toute une suite de différentes stratégies qu’il nous décrit pour illustrer comment la chenille et la plante co-évoluent pour survivre ensemble.

Pour se protéger, la passiflore a commencé par devenir toxique pour le papillon en développant un alcaloïde. En quelques mois, les chenilles ont développé la capacité de résister à cet alcaloïde, et ont même pu devenir toxiques à leur tour. Elles ont alors changé d’apparence pour avertir leurs prédateurs de leur toxicité.

Les feuilles de la passiflore ont ensuite changé de forme, qui fut rapidement  mémorisée par le papillon.

Dernière évolution remarquée, la passiflore se couvre de faux œufs d’heliconius pour lui faire croire que la place est déjà prise et qu’il doit trouver un autre endroit pour pondre.

Quelle sera la prochaine réaction du papillon ?

Cette coévolution a créé environ 40 nouvelles espèces de papillons et de passiflore dans un laps de temps très court.

Sans champignons, pas d’arbres.

Pour montrer l’importance des mycorhizes et de la symbiose entre des espèces précises d’arbres et de champignons, Francis prend l’exemple de pins plantés en Afriques qui germaient mais n’arrivaient pas à se développer ensuite, faute de champignons dans le substrat vivant en symbiose avec cette espèce.

En revanche, quand les pins étaient plantés en pot avec un sol de leur origine, ils arrivaient à se développer grâce aux champignons présents.

Jamais seul !

Un ouvrage conseillé par Francis Hallé : Jamais seul – Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, de Marc André SELOSSE

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