Analyse critique de l’étude du Bec Hellouin

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Cette étude de Catherine Stevens pour Barricade (lieu belge d’émancipation collective et de création d’alternatives) a le mérite de faire une analyse certes critique (mais nécessaire il me semble) des études de la Ferme du Bec Hellouin en partenariat avec l’INRA qui insistent sur les potentialités des très petites surfaces agricoles (1 000m² soit 1/10 hectare) pour les maraîchers.

La Ferme du Bec Hellouin a le très grand mérite de communiquer sur la permaculture appliquée au maraîchage. Je suis aussi convaincue que leur vision des micro-fermes travaillant en partenariat est l’avenir de l’agriculture.

Mais pourquoi vouloir toujours limiter la taille de ces micro-fermes à 1 000m² ?

Très sollicitée via ce site par des aspirants maraîchers voulant s’installer, je suis de plus en plus mal à l’aise en lisant des messages de personnes recherchant cette surface suite à la lecture de cette étude.

Certes, certains maraîchers, avec certains marchés et certaines productions s’en sortiront sur cette surface. Mais combien galèreront, faute de place ?

Catherine Stevens ajoute à cela des remarques pertinentes sur la forme (calcul du revenu, des heures de travail, etc.) et le fond (n’est-ce pas davantage du maraîchage bio-intensif que de la permaculture ?).

Je recommande la lecture de cette analyse à tous ceux qui envisagent de s’installer et de choisir le beau métier de paysan.

Vous pouvez également lire la réponse de François Léger qui contre-balance ce point de vue sur le site de Barricade.

15 commentaires pour “Analyse critique de l’étude du Bec Hellouin
  1. rambour dit :

    Bonjour
    Il serait bien, sur ce dossier, que vous ajoutiez la réponse de François Léger qui a été publiée sur le site barricade. Cela permettrait de compléter l’analyse critique …. et aussi l’étude du Bec Hellouin elle même. Après, à chacun de se faire son opinion. Bien cordialement et félicitations pour votre site.

    • rambour dit :

      Oups, je n’avais pas vu le dossier lié à l’étude du bec hellouin, mea culpa … par contre, le lien renvoie vers le rapport d’étape et pas l’étude finale. Cordialement

    • Valentine dit :

      Bonjour
      Merci j’ignorais que sa réponse existait, et elle est intéressante. La vérité se situe sûrement un peu entre les deux, l’important étant de se rappeler que tout modèle est lié à un contexte.
      Je mets à jour avec le lien
      A bientôt
      Valentine

  2. Roussel dit :

    Bonjour, je suis sur un projet de microferme commencé avant les résultats et je trouve bien que ces résultats soit sujet à critique : ainsi peut avancer le monde. Néanmoins, dans toutes les critiques que je peux lire, il manque un élément qui me semble essentiel : les 1000 m2 cultivés sont sur une parcelle de 1 hectare et cela ne fonctionne que si toutes les interactions sont présentes. Les responsables de ce rapport ont, quant à eux, toujours été clairs à ce sujet (ex : la vidéo « les microfermes » visibles sur youtube ou le site de la ferme.

  3. Headunter dit :

    Merci pour ce travail salutaire !

  4. julien dit :

    Bonjour,

    ce que je trouve le plus choquant dans la ferme du Bec Hellouin, c’est l’utilisation des stagiaires.
    En effet, ceux ci payent pour étudier la permaculture à l’occasion de stage et participent aux travaux agricoles, lesquels travaux ne sont pas comptés dans le temps de travail nécessaire à la production des 1000m². L’utilisation d’une main d’oeuvre payant pour travailler rend le projet en lui-même sujet à caution

  5. Julien Martin dit :

    Oui il est vrai que tout comme le Permaculture Research Institute en Australie, la ferme du Bec Hellouin ne déroge pas à la règle, on ne peut pas économiquement parlant vivre de la production en permaculture. Sans stagiaires (payants ou pas) cela n’est pas possible, pas viable. Le principe est louable, la pratique aussi tant que l’on a une flopée de stagiaires pour nous aider autant financièrement que manuellement. Et puis 1000m² cultivés, laissez moi rire ils viennent d’où vos légumes de garde en hiver?
    Je pense qu’il n’y a pas une solution miracle en particulier mais chaque agriculteur peut piocher ses idées dans toutes les méthodes de production.

  6. Oliv dit :

    Après avoir fait mes 2 stages de CCP au Bec Hellouin suivi d’un BPREA, je suis assez d’accord avec l’analyse de Catherine Stevens. On se rends compte en étant sur place que beaucoup de choses ne sont pas dites dans la comm’ réalisée par le Bec Hellouin et que du coup le modèle n’est pas du tout reproductible. Sans de gros moyens financiers de départ, de la main d’oeuvre gratuite, et certains arrangements avec les lois (permis, loi sur l’eau,etc,…), le projet n’est pas viable.
    Ce qui est effectivement inquiétant c’est de voir des centaines de projets qui se basent aveuglément sur cette « comm' » et qui nécessairement vont se planter et pour certain tout perdre.
    Il y a certainement des idées à reprendre (surtout en marketing) mais ce n’est pas un modèle à suivre.

  7. julien dit :

    merci pour ces infos que j’avais partiellement déjà lu via d’autres blogs. Je crois qu’il est urgent de communiquer que le fait que la permaculture est un lien d’expérimentation (pas scientifique) interessant mais n’a pas fait la démonstration qu’elle peut s’ériger tel que en contre modèle général. Malheureusement autour de moi (et dans la campagne présidentielle actuelle via 1 ou 2 candidats), j’entends toujours le contraire « permaculture = THE solution », sans nuances. Idem pour la ferme pédagogique de Terre et humanisme en Ardèche, très connue et toujours présentée comme un exemple salvateur (le fameux carré d’agriculture vivrière permettant de faire vivre 4 personnes en autarcie) alors que l’on retrouve un peu les même dérives méthodologiques et éthiques qu’au Bec Hellouin (CF artciles très critiques (et critiquables) https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/280912/agroecologie-quand-bastamag-voit-ce-quil-croit)… Bref là encore je crois qu’il ne faut pas se tromper de cible : nous avons là des lieux où s’invente et se crée une dynamique en soi intéressante mais il faut éviter absolument que la permaculture devienne une nouvelle croyance mystique. C’est déjà trop tard ? J’espère que non.

    • julien dit :

      Je précise, en Ardèche aussi en 2012 (si on en croit leblogs en, question, mais ça se recoupe avec ps mal de trucs): gestion de l’eau non raisonnée et surtout main d’oeuvre gratuite ou payante … (soupir)

    • Valentine dit :

      Bonjour Julien, je suis tout à fait d’accord. Dur de savoir où tout cela va nous mener…

  8. evelyne caruyer dit :

    J’avais bien pressenti que la com’ était très critiquable !

  9. evelyne caruyer dit :

    Une erreur dans la note N°15 :1.000m2=100*100m
    En fait , 1000m2=40m*25m

  10. Kevin dit :

    Qui est assez crédule pour croire que cette étude fonctionne dans tout les cas. La permaculture , c’est aussi s’adapter à un milieu , évidement comme chaque milieu (systeme) est différent , chaque solution , méthode, technique , surface , etc… sont différentes. Sans les defendres, et sans dire non plus qu’on les attaques; ils ont mené une action positive sur laquelle ils communiquent , à chacun de savoir garder un regard critique , et de se servir de cette etude comme outil plutôt que comme model. Pour finir , ils sont peut être dans une démarche biodynamique , la biodynamie restant en grande partie; partie-faisante de l’agroécologie, qui elle même fait partie faisante des systèmes et solutions utilisées par la permaculture. N’est ce pas alors de la permaculture si on arrête de jouer sur les mots? Car il faut aussi observer en leur projet , d’autres avantages que le simple fait de produire des légumes , ils produisent également une expérience —>contenu mémoire, contenu pédagogique mais aussi du lien, du partage , des solutions (proposées et non imposées)… etc je crois qu’ils sont un (parmis bien d’autres) l’exemple qu’on peut réussir à produir (pas que des légumes donc..) tout en sortant d’un cadre. Alors j’invite tout ceux qui liront la fameuse étude de l’Inra , à eux aussi garder leur esprit critique et à sortir du cadre proposé , imposé ou exposé. amicalement, Kevin.

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