Un « verger-épicerie » en permaculture

Si on fait un pas vers la nature, la nature va en faire 10 vers nous.

Stefan Sobkowiak

Au Québec, Stefan Sobkowiak, pomiculteur bio qui trouvait que le fonctionnement de son verger ressemblait un peu trop à celui d’un verger traditionnel : il utilisait les mêmes méthodes de culture (monoculture) et seuls les produits utilisés changeaient. Constatant de nombreuses maladies, il a décidé de se rapprocher de l’état naturel d’une forêt comestible, en mélangeant les espèces et cultivars de fruitiers, et en y associant d’autres plantes, comestibles comme des arbustes à fruits, légumes vivaces, ou fleurs comestibles, ou d’un intérêt agronomique comme des plantes fixatrices d’azote.

Ce système basé sur la diversité rétablit l’équilibre de la faune et de la chaîne alimentaire. En acceptant de « partager » 5 à 10 % de sa production à la faune qui « travaille » dans le verger, Stefan bénéficie d’un système équilibré, demandant peu d’entretien.

En éloignant les fruitiers de la même espèce les un des autres, les maladies s’étendent moins facilement, sans incidence sur le rendement (même si les emplacements de arbres doivent être soigneusement étudiés pour faciliter la récolte).

Le principe de base des plantations et de travailler par « trios » les uns après les autres : 1 pommier + 1 fixateur d’azote + 1 autre fruitier. Chaque plante remplit plus d’un rôle. Ainsi, les arbres fournissent de l’ombre aux arbustes, les fixateurs d’azote servent de support aux tuyaux du système de lutte contre le gel des fleurs, etc.

Dans le même esprit, les bandes enherbées entre les rangées d’arbres servent de pâturage aux animaux, notamment des poulets qui se nourrissent des fruits tombés au sol et des vers logés à l’intérieur, ce qui limite le développement des « ravageurs » des fruitiers.

Inclure des animaux au verger est une façon très intéressante de rentabiliser l’espace disponible (il envisage de le faire également avec d’autres animaux : canards, oies, poules, lapins, pintades..). Stefan indique que l’utilisation de ces bandes enherbées avec les animaux est près de trois fois plus rentable que l’espace consacré aux fruits. Les poules, en plus de « nettoyer » le sol, l’enrichissent en fumure et fournissent viande et oeufs.

Pour faciliter la récolte, les rangs sont organisés selon la date de récolte, d’où le nom de « verger-épicerie ». Les clients viennent cueillir eux-même les fruits (autocueillette), ont le plaisir de découvrir de nouvelles variétés et acceptent les fruits non parfaits sans rechigner.

La permaculture, c’est aussi voir des opportunités là où l’on a souvent tendance à penser « problème ». Stefan a décidé de garder du chèvrefeuille arrivé spontanément dans son verger. Bien lui en a pris, puisqu’il s’est aperçu que leurs petits fruits mûrs en même temps que ceux des cerisiers étaient très appétissants pour les oiseaux qui ont tendance à délaisser alors les cerises.

Retouvez une vidéo sur les mêmes vergers des Fermes Miracle ici.

6 commentaires pour “Un « verger-épicerie » en permaculture
  1. Ludo dit :

    Bonjour,

    Pouvez vous me donner les espèces et variétés d’arbres fixateur d’azote qu’il y a dans votre verger?

    Salutations,

    • Valentine dit :

      Bonjour, Stefan Sobkowiak utilise beaucoup de févier d’Amérique, bien adapté à son climat. Je n’ai pas recherché mais il est bien possible qu’il utilise du caraganier de Sibérie également. Vous pouvez également utiliser aussi des Eleagnus, des argousiers, des aulnes, etc.

  2. Mabilat dit :

    Il est possible que nous nous interessions en famille à une propriété (bâtiments anciens que nous rénoverions en appartements à louer mais il y a un très grand terrain 10 hectares …. dans la région d’Etampes)
    Nous souhaiterions pouvoir proposer ce terrain à une ou des personnes qui connaissent la permaculture en verger pour établir une location ou tout autre suggestion.

    A vous lire.

    D.M

    • yvan dit :

      Bonjour Mabilat,

      Des amis seraient peut-être intéressés. Ils étudient de près la permaculture et une personne spécialement est attirée par les vergers permacoles (comme celui de Mr Sobkowiak ou Mr Holzer). Ils sont situés à la Ferté-Alais.

      Bien cordialement

  3. FAUGERE dit :

    Bonjour,
    Pourriez vous nous en dire plus sur la formation en « architecte paysagiste » s’il vous plait ? De quoi s’agit il ? est il possible de la faire à distance ?
    A vous lire,
    Nicolas

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