A qui appartient la petite graine ?

 

“Les graines vivent dans les sols et meurent dans les conservatoires.”

Ce podcast issu de l’émission “CO² Mon Amour” de Denis Cheissoux sur France Inter fait un état des lieux de la législation concernant les semences en France et en Europe. Il donne la parole à deux invités de milieux très différents, Philippe Desbrosses et François Burgaud.

Les statistiques de la FAO annoncent qu’on a perdu 75% en un siècle de la biodiversité des variétés que nous cultivions au début du 20e siècle, nous pensons qu’il y a urgence. Philippe Desbrosses

Philippe Desbrosses est le fondateur de “Graines de Vies”, une association qui vise à préserver la diversité des semences et à faire circuler les graines d’espèces rustiques et traditionnelles. Graines de Vie encourage les particuliers à partager leurs semences et mène 3 actions majeures :

  • Former des ambassadeurs de la biodiversité au Conservatoire de Sainte-Marthe et d’Intelligence Verte (en bio depuis 1969).
  • Créer un programme pédagogique vidéo en ligne, accessible à tous gratuitement.
  • Sauvegarder et multiplier 150 variétés anciennes par notre réseau de reproducteurs.

François Burgaud est le directeur des affaires extérieures du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des semences), organisme chargé d’inscrire de nouvelles espèces au catalogue officiel.

Si on fait une analyse nutritionnelle par exemple de vitamine C entre une variété ancienne de pommes comme la Transparente de Croncels et la Golden (…), on voit qu’il y a 4 mg de vitamine C aux 100 g dans une Golden contre 400 mg (100 fois plus) dans une Transparente de Croncels. Philippe Desbrosses

Au fil des années et des sélections, les qualités nutritionnelles des plantes cultivées ont baissé de façon drastique.

François Burgaud explique la position du GNIS sur ces graines : sous couvert de protéger les consommateurs (particuliers et paysans) contre les “contrefaçons” et les variétés à trop faible rendement par exemple, le législateur a mis en place le Catalogue Officiel pour assurer une “traçabilité” de ces semences.

Ce catalogue a le très grand défaut de freiner d’un point de vue juridique la vente de semences des variétés traditionnelles alors qu’elles font partie du domaine public.

L’émission termine par un reportage en Colombie montrant le rôle primordial des gardiens de semences chez un peuple traditionnel colombien. Ces gardiens assurent le renouvellement et l’amélioration continue des semences, en restant sûr qu’elles restent adaptées au climat qui change. “En continuant de planter des semences, ils font en sorte qu’elles soient toujours adaptées aux conditions locales”.

Prenons-en de la graine 🙂

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