Les nimaculteurs pour nourrir l’Europe en crise

Voici une conférence proposée par Pablo Servigne, programmée par Etopia en association avec Nature et Progrès. Il présente les nimaculteurs.

Pablo commence par un constat alarmant sur le futur de l’humanité, et insiste sur l’inévitable transition du pétrole omniprésent dans circuits de distribution actuels  à une énergie du soleil.

Dans l’histoire de l’agriculture, on a assisté à une multiplication des rendements et de l’utilisation de l’énergie : il était au départ très « rentable » d’investir quelques calories dans l’agriculture, ce qui permettait de multiplier celles que l’on en retirait. Plus on a investi de calories dans la production agricole, moins l’énergie investie était efficace (le taux de retour énergétique est de plus en plus faible) : « Aujourd’hui aux Etats-Unis, il faut injecter 7 calories pour en retirer une (…) On marche sur la tête »

D’un côté, nous utilisons beaucoup trop de calories issues des énergies fossiles pour en extraire seulement une comestible, de l’autre nous sommes en haut du pic pétrolier et l’énergie est de plus en plus chère à extraire.  En 2007 il fallait 1 baril de pétrole pour en extraire 12.

Il faut un barril de pétrole pour extraire le triple en gaz de schiste. Pour les « agrocarburants » il faut plus d’énergie que ce qu’on en retire !

Ajoutons à cela les pics de ressources (phosphore, métaux en tout genre…) et l’effondrement prochain des systèmes alimentaires et nous avons de quoi avoir peur.

C’est là qu’arrive la bonne nouvelle : tout n’est pas perdu ! En faisant preuve d’intelligence collective, nous pouvons concevoir des systèmes beaucoup plus durables en s’inspirant notamment du vivant et des principes de permaculture. Je vous laisse découvrir ses autres pistes d’action en regardant la vidéo. Vous y  verrez les exemples de la forêt comestible du jardin des Fraternités Ouvrières à Mouscron, de l’agriculture de restauration de Mark Shepard, de la ferme du bec Hellouin, d’Eliot Coleman, de Jean-Martin Fortier.  Ces systèmes de production ont la particularité d’être intensifs sans être industriels.

L’agriculture du futur sera basée sur les arbres et les plantes pérennes

Pablo Servigne présente aussi comment les NIMAculteurs, dont je fais maintenant fièrement partie vont changer la donne. Les Nimaculteurs sont les « nouveaux agriculteurs non-issus du monde agricole », ils sont généralement très désireux d’inventer et essayer de nouvelles techniques agricoles plus respectueuses de l’environnement et des Hommes.

Voici ce que dit Pablo Sevigne de ces paysans du futur:

« La bonne nouvelle, c’est que cet apprentissage se fait beaucoup plus facilement quand ces nouveaux paysans n’ont pas de connaissances agronomiques classiques. Quand on n’a pas été déformé par l’enseignement de l’agronomie industrielle, classique, on apprend d’autant plus vite l’agroécologie, sans besoin de passer par un « désapprentissage » de certaines aberrations de l’agronomie conventionnelle »

ainsi que

« On ne sait pas qui ils seront, mais on sait qu’ils seront nombreux. S’il n’existe plus une énergie fossile abondante et bon marché, alors il faudra énormément de main-d’œuvre. Petit calcul : on pourrait avoir besoin, d’ici quinze ou vingt ans, de 120 millions d’agriculteurs, dont la majorité sera forcément « non issue du monde agricole ». Cela signifie deux fois la France, si du moins on amorce une transition plus ou moins réussie… Ce chiffre est une extrapolation de la situation cubaine, où 20 à 25% de la population travaille la terre dans un contexte d’après une transition énergétique. On peut être à peu près sûr, en tout cas, que les gens qui nous nourriront à l’avenir ne seront pas les agriculteurs d’aujourd’hui. Parce qu’ils utilisent des techniques industrielles condamnées à disparaître, parce qu’ils sont beaucoup trop peu nombreux, et parce que malheureusement ils risquent d’être de plus en plus touchés par des cancers dans les quinze prochaines années. On peut en déduire que les gens qui vont nourrir l’Europe dans quinze ans sont déjà nés, mais ne savent pas encore que ce sont eux qui vont le faire. »

(source de ces citations)

Si le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture de l’ouvrage de Pablo Servigne à l’origine de cette conférence « Nourrir l’Europe en temps de crise« 

2 commentaires pour “Les nimaculteurs pour nourrir l’Europe en crise
  1. poulain suzanne dit :

    j’ai apprécié de vous lire et je suis en accord avec vous. Cet hiver j’ai beaucoup étudier les plantes sauvages comestibles ainsi que les plantes médicinales. En cette période de printemps, avec cette nature si généreuse je les découvre et les ramasse dans la campagne. J’en cultive aussi chez moi. En bref j’apprend à me nourrir et me soigner avec ce que la terre veut bien me donner car je pense moi aussi que ce rythme de vie qu’ont les sociétés actuelles est en train de s’essouffler. C’est sans appréhension que je me prépare à un éventuel effondrement de tout ce qui est.

  2. Pascal dit :

    Bonjour, et merci pour vos sélections vidéos évitant des recherches chronophages.

    Je souhaiterai être encore plus optimiste que le conférencier. En effet, d’expérience, je suis persuadé que les légumineuses et céréales sont à éviter pour une santé optimale. Les fruits (sucrés, gras: avocats, noix, olives…), les légumes feuilles et racines peuvent suffire à un être humain en pleine santé. Une transition alimentaire et le déblocage d’un verrou (les sucres complexes sont indispensables) sont essentiels.
    Pour s’en convaincre, il est possible de se documenter sur le site http://www.regenere.org.

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